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Lumas, cagouilles et limaces

Des remèdes pour venir à bout des escargots ? Cette chronique suggère seulement quelques préconisations pour protéger les plants de salades en respectant la biodiversité !

Écouter la chronique de JDo Loiseau.

(Ces chroniques sont diffusées chaque semaine sur les radios D4B et Pigouille Radio)

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Image catégorie podcast Jardinage et bouts de ficelle représentant un personnage avec un secateur, des outils et des plantes

Transcription

Lumas*, cagouilles** et limaces
 
Les escargots (*les lumas en patois poitevin, **cagouilles en patois charentais) et limaces font partie de la famille des gastéropodes.
On en dénombre environ 40 000 espèces différentes, juste derrière les insectes. De la petite limace grise qui s’attaque aux graines, plantules et jeunes feuilles, à la limace horticole qui préfère les parties souterraines, bulbes, racines ou rhizome. Je vous fais grâce d’arion rufus la limace orange et de l’impressionnante limace léopard, elles semblent toutes avoir comme objectif unique « casser les pieds du jardinier » !
Lui, le jardinier, il est plein de bonne volonté, il veut bien faire et respecter la biodiversité, mais il voudrait bien manger quelques salades aussi !
Alors comment réagir face à une forte présence de limaces ou d’escargots ?

D’abord limiter les risques !
On commence l’hiver : griffer le sol pour mettre les œufs à découvert. ils se dessècheront au soleil puis seront mangés par des prédateurs. La limace, elle pond ses œufs à 10 cm de profondeur maximum.
Quand elles sortent, ramasser manuellement limaces et escargots au crépuscule, c’est le moment.
Les piéger en disposant des tuiles, les limaces se cacheront dessous, il suffit alors de retourner la tuile pour les ramasser, régulièrement ! Ça fonctionne aussi avec une planchette !
Un semis d’engrais vert serait efficace pour éviter une surpopulation, surtout si vous optiez pour une crucifère qu’ils n’apprécient pas, la moutarde par exemple.
Et puis les jardiniers disposent d’auxiliaires prédateurs des limaces et escargots : les carabes dorés, les silphes noirs. Hérissons et crapauds aident aussi à la régulation des populations de gastéropodes.
Je me demande si les plus efficaces ce ne sont quand même pas les poules et canards qui s’en régalent !
Le paillage, notamment de tontes fraiches, est agronomiquement intéressant j’en suis convaincu, mais il trouve là ses limites. Il favorise les limaces et escargots en maintenant des zones humides. Il leur fournit le gite et le couvert.
 
En désespoir de cause traiter !
Les remèdes de grand-mères ou de grands-pères d’abord.
Pourquoi diable qualifie-t-on de remède de grands-mères, des recettes approximatives, en l’occurrence, surtout utilisées par les grands-pères en leur jardin ?
-L’assiette de bière, elle n’est pas vraiment sélective mais ça marche et même avec de la bière sans alcool,
-Les coquilles d’œufs, les aiguilles de pin en cordon difficile à franchir : si vous avez des aiguilles de pin et que vous consommez des œufs en suffisance,
-Les cendres fonctionnent en faisant une barrière désagréable aux gastéropodes. Bien par temps sec mais l’humidité rend la cendre inopérante.

Je vous laisse tester si vous y tenez, personnellement je ne suis pas convaincu.
J’opte pour les granulés de phosphate ferrique :  ils peuvent être disposés en cas de forte invasion autour des plantes sensibles particulièrement les jeunes plants de salades mais pas seulement. Ils sont de couleur bleue. Ils n’attirent pas les hérissons ou les chiens qui ne craignent rien avec ce produit. Il est le seul vendu dans le commerce actuellement. Le dosage est léger, une cuiller à café 10 g est opérante pour un m².

Depuis l’application de la loi Labbe 2017, l’anti-limace blanc, le métaldéhyde insecticide non spécifique, non autorisé en bio, n’est plus accessible aux jardiniers amateurs. S’il en reste dans vos placards, débarrassez-vous-en ! À juste titre son emploi est interdit !

Il existe aussi un nématode (phasmarhabditis hermaphrodita) qui parasite les limaces. Ce vers microscopique se développe dans le corps des limaces et entraine leur mort. La solution contenant le nématode doit être pulvérisée sur les zones infestés en veillant au maintien de l’humidité de la zone pour faciliter la mobilité du nématode.

Pour être complet, citons les grenouilles et les crapauds, à attirer dans son jardin par la création d’une mare. Les hérissons sont prédateurs des gastéropodes.
Il semble également que la macération de feuille de rhubarbe soit répulsive en pulvérisation sur le sol.
Allez, vous avez tous les éléments pour « prendre soin de vos limaces préférées » !
A la semaine prochaine !

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