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Nourrir les oiseaux l’hiver !

Il fait vraiment froid, donner des graisses végétales, ni lait ni pain … Pallier une difficulté des oiseaux à se nourrir, pas les habituer à dépendre de l’activité humaine pour trouver de la nourriture. Voici quelques précautions à prendre.

Écouter la chronique de JDo Loiseau, écrite avec l’aide des publications du Groupement Ornithologique des Deux-Sèvres https://www.ornitho79.org/

(Ces chroniques sont diffusées chaque semaine sur les radios D4B et Pigouille Radio)

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Image catégorie podcast Jardinage et bouts de ficelle représentant un personnage avec un secateur, des outils et des plantes

Transcription

Nourrir les oiseaux l’hiver !
 
En hiver, les oiseaux consacrent la quasi-totalité de la journée à rechercher de la nourriture, notamment pour résister au froid !
Leurs besoins énergétiques augmentent pour maintenir leur température corporelle. Les ressources alimentaires diminuent, jusqu’à devenir rares ou inaccessibles en période de neige ou de gel. De plus, les jours raccourcissent, ils ont moins de temps pour rechercher leur ration quotidienne.
Il est facile et tentant de les aider durant cette période :
en installant des mangeoires dans le jardin ou sur le balcon
en proposant une nourriture riche et appropriée
en posant cette mangeoire dans un endroit où vous pourrez assister au spectacle et aux chamailleries que cette source de nourriture ne manquera pas d’engendrer.
Il convient cependant de prendre quelques précautions pour que cette intention louable ne devienne pas infernale.

D’abord, quand convient-il de nourrir les oiseaux ?
Le nourrissage peut débuter dès la mi-novembre début décembre et jusqu’à fin mars : essentiellement durant la mauvaise saison et en période de froid prolongé.
Mais si décembre est doux il faut patienter jusqu’au première gelée pour commencer le nourrissage, et s’arrêter dès que la température s’adoucit durablement et que les insectes reviennent, fin mars ou bien avant ! Ce n’est pas le calendrier qui déclenche mais le thermomètre.
La posture à prendre, c’est de pallier une difficulté des oiseaux à se nourrir, pas les habituer à dépendre de l’activité humaine pour trouver de la nourriture.

Dans votre jardin, le nourrissage des passereaux, rouges-gorges, mésanges, chardonnerets élégants est autorisé. La distribution de graines aux pigeons dans des lieux publics reste interdite et verbalisable.
Si vous commencez le nourrissage, celui-ci doit être constant et régulier car les oiseaux prendront vite l’habitude de visiter votre mangeoire à des moments déterminés de la journée. Ils dépensent beaucoup d’énergie à lutter contre le froid pendant la nuit.

Au printemps et en été, beaucoup d’entre eux deviendront insectivores et les plus jeunes doivent apprendre à se nourrir par eux-mêmes. Si la mangeoire humaine est pleine ils n’apprendront pas l’autonomie. 
Dès que la température s’adoucit durablement, que les insectes reviennent, il faut interrompre le nourrissage.

Deuxième question : où placer la mangeoire à oiseaux ?
Pour bien placer sa mangeoire à oiseaux et assurer une ressource d’alimentation aux passereaux de votre jardin, il faut respecter quelques règles :
Préférez un endroit abrité des intempéries et plutôt ensoleillé, bien dégagé pour que les oiseaux puissent surveiller l’arrivée de prédateurs( attention aux chats !) mais suffisamment près d’arbres où ils pourront se percher, vérifier l’absence de prédateurs, avant de venir s’approvisionner dans la mangeoire que vous leur proposez.

Dans le jardin, disposer de la nourriture ne suffit pas, il est important de préserver une végétation indigène, source d’insectes, fruits et autres baies. Il est nécessaire de planter des arbres et arbustes à baies ou arbres fruitiers (pommiers, poiriers, cerisiers…), des plantes à graines et de conserver également les arbres morts et branches creuses pour les insectes.
Quels aliments sont à privilégier pour les oiseaux ? Graines, boules de graisse?

Beaucoup de passereaux des jardins deviennent granivores en hiver. Leur régime alimentaire se compose essentiellement de graines, de bourgeons, de baies, de fruits…

Les oiseaux sont des animaux à sang chaud, il est conseillé de limiter l’apport en graisse animale (lard, suif, saindoux…). Privilégiez plutôt les graisses d’origine végétale, si possible à base d’huile de colza, et en évitant l’huile de palme qui participe au déboisement des forêts. Il est préférable de proposer des mélanges de petites et de grosses graines, ainsi que d’autres formes de nourriture pour répondre aux besoins alimentaires de chaque espèce.

Les meilleurs aliments :
Les mélanges de graines : ils permettent de répondre aux besoins de nombreuses espèces, quelle que soit la taille de leur bec. Le mélange optimal est composé de tournesol noir, de cacahuètes et de maïs concassé disent les ornithologues : des pains de graisse végétale sans huile de palme, des graines de tournesol. Les graines noires sont plus riches en lipides, des cacahuètes, amandes, noix, noisettes, non grillées, non salées. Leur distribuer les restes de l’apéro est une très mauvaise idée !
Les petites graines : millet, avoine ou les fruits flétris, pomme, poire, ça c’est une bonne idée.

Attention : ne donnez jamais de lait aux oiseaux car ils ne peuvent pas le digérer. Evitez également le pain, trop de sel, trop de gluten, en plus il gonfle rapidement dans l’estomac.

Et les aliments du commerce ? avec vigilance quant à leur composition. Certains mélanges ne sont pas équilibrés, d’autres contiennent des colorants. Prudence avec les mélanges de graines très bon marché ! Quant aux boules de graisse, optez pour celles qui n’ont pas de filet afin d’éviter aux oiseaux de se coincer les pattes dans les mailles. Ou alors enlever le filet et trouver un autre support !
 
Respecter aussi quelques règles d’hygiène :
Placez plusieurs postes de nourrissage à différents endroits pour limiter la surpopulation et nettoyez très régulièrement les mangeoires pour éviter la transmission de maladies par les fientes ou les restes d’aliments. 
Si des moisissures se développent dans les graines, jetez-les car elles pourraient entraîner une mortalité chez les oiseaux.
Surveiller les chats et autres prédateurs !

Même si les passereaux ne sont pas visés par les alertes de grippe aviaire car ils restent des animaux sauvages, n’oubliez pas de surveiller les oiseaux qui viennent à la mangeoire. Si l’un d’eux vous paraît affaibli ou malade, il faut arrêter le nourrissage pendant 4 semaines afin de laisser le temps aux oiseaux de se disperser. Nettoyez les mangeoires et les bains, désinfectez à l’eau de javel diluée à l’eau froide, rincer à l’eau claire et laisser sécher.
Pensez à l’eau également !

Et prenez le temps de les regarder, de les compter, c’est un des plaisirs de l’hiver !

A la semaine prochaine !

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