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De la bienveillance pour les orties !

Tout savoir sur les orties en 6 minutes ! L’ortie est un auxiliaire de diversité, engrais, mulch et activateur de compost. Et pour couronner le tout, l’ortie est comestible !

Écouter la chronique de JDo Loiseau.

(Ces chroniques sont diffusées chaque semaine sur les radios D4B et Pigouille Radio)

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Image catégorie podcast Jardinage et bouts de ficelle représentant un personnage avec un secateur, des outils et des plantes

Transcription

De la bienveillance pour les orties !

D’accord elle pique quand on la frôle d’un peu trop près, mais en purin, mulch ou en culture, l’ortie se plie en quatre pour rendre le jardin productif.
D’accord elle pique. Elle possède des petits poils en silique, de véritables dards qui se cassent quand on les touche, et qui libèrent un mélange de poudre d’histamine, d’acétylcholine, de sérotonine et  même d’acide formique, pour former un ensemble particulièrement… «urticant » !

Oui, il faut s’équiper pour récolter l’ortie, une paire de gants, pantalon long, manche longue, tondeuse pour la petite ortie, et pour la grande ortie, le plus efficace c’est le dail … pardon la faux ! Vous noterez que la grande ortie est une variété différente de la petite ortie pas seulement une petite ortie qui aurait grandi !
J’ai bien parlé de récolte car je vais utiliser le produit de cette récolte au jardin.

L’ortie est d’abord et essentiellement un engrais
C’est une plante dite bio-indicatrice : elle ne pousse pas n’importe où. Elle révèle l’état du sol sur lequel elle croît : un sol riche en matières organiques en décomposition, en azote et en minéraux, dont le fer. Ce n’est pas pour rien qu’elle prolifère au pied des vieux tas de ferrailles ou sur les tas de fumier.
Elle ne se contente pas de nous donner des informations : elle agit comme un régulateur. Elle absorbe les éléments nutritifs en excès, elle les transforme en véritable engrais et nourrit le sol lorsqu’elle se décompose.

Attention : la capacité d’absorption de l’ortie vaut également pour les polluants. Ne récoltez la plante que dans des lieux non pollués surtout si vous envisagez de la consommez vous-même !

Pour bénéficier de cet engrais naturel, plusieurs possibilités s’offrent au jardinier « orticulteur ».

Le purin d’ortie
Il est tellement célèbre, on le trouve dans toutes les jardineries !
La macération de l’ortie fraîche dans de l’eau permet d’en extraire l’azote et les minéraux qu’elle contient. Ce purin est un véritable engrais foliaire. Il renforce les cultures du jardin et du potager, les rendant mieux à même de se défendre face aux agresseurs.
Il apporte des éléments nutritifs indispensables à la bonne santé des végétaux. Quand on enfouit des feuilles d’orties avant de planter les tomates, on ne fait rien d’autre qu’un apport d’azote.

Autre utilisation : le mulch
L’ortie est fauchée avant la montée en graine, on l’incorpore grossièrement au sol d’un coup de griffe, ou on la laisse se décomposer à même le sol, comme n’importe quel mulch organique. Avant la montée à graine, ce n’est peut-être pas la peine d’en semer dans tout le jardin !

J’aime bien enrichir mes paillages en y incorporant un broyage d’ortie.
On peut même imaginer consacrer une petite partie du jardin à sa culture.
La petite ortie ne se reproduit que par semis ; il suffit juste de la couper avant fructification, pour éviter tout envahissement.

La grande ortie, vivace par ses rhizomes, est plus productive que la petite ortie, se renouvelle toute seule par l’expansion de ses rhizomes. Elle se contrôle assez facilement par des binages réguliers, mais une fois installée il est difficile de l’éradiquer.

L’ortie est « activateur de compost »
D’une part elle stimule l’action des micro-organismes décomposeurs grâce à ses protéines, et, d’autre part, elle augmente la température du tas de compost du fait de son haut pouvoir calorifique. Il suffit de l’incorporer au tas de compost, fraîche et hachée. Là encore avant la montée à graine. Il n’est pas certain que le composteur familial monte suffisamment en température pour détruire les graines.
 
Elle est auxiliaire de biodiversité
De très nombreuses espèces vivantes utilisent l’ortie, que ce soit pour se nourrir, pour pondre ou pour s’abriter. Parmi les utilisateurs de l’ortie, on trouve  les coccinelles, les syrphes ou les chrysopes, attirés par la plante elle-même ou par les insectes qu’elle héberge.

Et pour couronner le tout, l’ortie est comestible !
Elle vient s’ajouter aux légumes du potager dans les recettes de soupes d’omelettes, de quiches, voire de sablés ou de pesto . Elle est riche en minéraux, en vitamines et en protéines végétales, il serait dommage de s’en passer. Je laisse prudemment à un cuisinier le soin de vous présenter les recettes de ces préparations !
C’est fini j’arrête c’est déjà pas mal, purin, mulch, accélérateur de compost, auxiliaire de biodiversité, légumes du potage…

Alors si vous voyez des orties dans un jardin, ne moquez pas le jardinier approximatif, respectez plutôt le naturaliste clairvoyant !

À vos binochons !  
À la semaine prochaine !

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